Son travail de bronze

Dès le Vème siècle avant J-C, les Grecs ont su en maîtriser les techniques de travail, et cet art a su atteindre dans l’Antiquité un extraordinaire degré de perfection.
Dans leur sillage, j’ai choisi de réinventer et de redécouvrir, en tant qu’artiste contemporain, le subtil jeu de surfaces brillantes, de sombres reflets et de volumes denses que seul le bronze sait décliner avec autant de bonheur. C’est l’une des raisons pour laquelle cette matière plaît d’ailleurs tant aux amateurs éclairés comme aux collectionneurs avertis.

Mais aux raisons purement esthétiques s’ajoutent également des considérations d’ordre pratique: il s’agit là d’un alliage qui se conserve parfaitement bien.

Art et technique

Je travaille parfois sur certaines œuvres presque un an. Et contrairement à ce qu’on peut croire, ce ne sont pas les plus imposantes qui nécessitent forcément le plus de temps… Je suis très exigeant sur d’infimes détails qui peuvent immédiatement donner sens ou au contraire défigurer des sculptures de format beaucoup plus petit.
Une sculpture en bronze, quel que soit son format, est toujours le produit de plusieurs étapes, nécessitant chacune un travail méticuleux de véritable artisan, où la technique et l’art sont indissociablement liés. Je vous en fais découvrir les étapes essentielles pour mieux comprendre la valeur du travail fini exécuté.

– L’Ebauche

Je pars toujours d’une Idée, qui elle-même découle d’un rêve, ou d’un désir directement inspiré par le quotidien…Puis ensuite vient le travail de l’ébauche, sous forme de dessin, d’esquisse, modifié et retravaillé.

Le premier travail de sculpture se fait ensuite sur de l’argile: c’est l’étape de la matérialisation de l’ébauche, qui nécessite un moulage. Ce modèle est bien entendu de la même taille que la statue définitive qui sera ensuite réalisée.

– Le Moulage
Plusieurs paramètres décident de la meilleure technique à adopter pour le moulage.
Certaines pièces vont être traitées avec un moulage direct, au sable. D’autres le seront au moulage indirect, en utilisant la technique de la cire perdue.
Pour indication, les beaux bronzes ont souvent une épaisseur très mince, voisine d’un demi-centimètre.

– La Cuisson
Dans le cas de la technique de la cire perdue, la cire fond et s’échappe par les trous pratiqués. L’alliage en fusion est versé et vient prendre la place occupée par la cire. Après refroidissement, je dégage la statue du moule, dont la surface ressemble alors à une croûte poreuse. Il me reste donc à traiter la surface.

– Le Débarbage
C’est une étape importante puisqu’elle me permet d’effacer les inégalités et les imperfections qui résultent du travail de la fonte. Il faut longuement polir le bronze refroidi pour lui rendre son caractère métallique.

– La Ciselure
La ciselure est un travail qui demande également beaucoup de minutie, de doigté, et de sensibilité. Selon l’effet recherché de contrastes entre parties mates et parties brillantes, je lisse ou préserve au contraire l’aspect râpeux du bronze, et travaille, au burin, les détails.

– Le Patinage
C’est la touche finale, et elle nécessite autant de soin que toutes les étapes qui l’ont précédéepuisqu’on parfait le travail en recouvrant le bronze d’un vernis qui le colore. A ce titre, la sculpture est un travail qui relève d’une forme de magie et d’alchimie où je suis, sans cesse, confronté à une matière vivante dont il s’agit de dompter les résistances et de comprendre l’énergie pour tenter de lui imprimer une âme…